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 la nuit tous les chats sont gris (Belle)

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ღ Colombes envoyées : 44
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MessageSujet: la nuit tous les chats sont gris (Belle)   Jeu 5 Mai - 2:47

Il s'agissait d'une étrange impulsion, venue des tripes et de l'âme, d'une torsion émotionnelle capable de lui faire vomir son dîner par terre comme de lui briser le coeur. Ça le mettait dans un sale état, planté devant les restes pourrissants du vieux chat crevé trouvé plus tôt dans la décharge.
Débilitant, voilà c'est débilitant. Jefferson avala la dernière gorgée de thé avant de se laisser tomber au sol, le cul sur la terre humide. Le thermos lui échappa des mains et tomba au sol. De toute façon il était vide à présent. L'eau était froide. C'était un thé dégueulasse en soi, mais bon parce que les herbes ne lui appartenaient pas. Pas à la base. Comment pouvait-on supporter ce genre de chose ? Etre brusquement englouti par l'émotion ... une putain de plaie. Le thé commença à faire effet. Jefferson se sentait bizarre. Carrément bizarre en fait. Quoi que pas vraiment mal, une possibilité de respirer de l'intérieur, de l'espace autour d'un coeur alarmé. Et une voix, une sensation plutôt, qui disait tranquillement, tout simplement, sans arrière-pensée que tout allait bien, que la sérénité viendrait, qu'elle se plait en chagrin ...
Jefferson avait allumé une cigarette, avait fait craquer ses doigts et s'était mit à rire tout seul. Sa petite farce allait se changer en une drôle d'aventure, il le sentait d'ici.

Rentrer à la maison lui prit un temps fou. Il avait choisit de déambuler dans les rues mal éclairées du centre ville. L'heure était tardive, il ne restait que très peu de badauds (certains dont il reconnaissait les visages) qui osaient sortir à cette heure-ci. Pas quand des gens comme lui traînaient dehors.
N'empêche il avait été un peu déconcerté de les voir couler parmi la multitude de torrents magnifiques - jusqu'au moment où il avait compris qu'il s'agissait de simples hallucinations provoquées par le thé. Putain. Il avait éclaté de rire encore, appuyé contre un réverbère.
Le rouquin n'avait pas envie de rire lui. C'était un de ces pauvres galeux qui voulait toujours prétendre qu'il était quelque chose, à se jeter au sol pour récupérer un cul de cigare avant de se tenir bien droit la seconde suivante. Il était toujours accompagné d'un petit puant, les yeux qui roulaient dans leur orbites, carrément idiot. Jefferson s'était laissé faire, il n'avait pas prit la peine de l'écouter débiter son monologue. Lorsque le nez du rouquin enfla, il se remit à rire. Il s'étouffa presque avec sa cigarette. Les larmes coulaient sur ses joues et il se laissa traîné quelques rues plus loin, quelques maisons plus loin.

Jefferson se retrouva assit, seul, à une table. Honest John fumait en regardant la rue déserte par la fenêtre. Une baraque aussi chicos ne lui convenait pas. Gideon lui était passionné par l'horloge murale qu'il regardait d'un air abruti. Un éclaire de lucidité lui effleura l'esprit et Jefferson se redressa dans le fauteuil, attrapant son haut-de-forme pour l'attirer contre lui et le serrer amoureusement entre ses bras. Un troisième type entra (encore un roux) et les deux petites frappes sortirent de la pièce. Il était plus massif, plus costaud. Victime d'hallucinations ou non, Jefferson n'eut pas à se poser la question deux fois : oui, un coup de poing de sa part suffirait à l'envoyer dans le décor. Il renifla un coup. Ses dents ... il lui en manquait une. Et une petite cicatrice sur sa joue s'agitait en même temps que sa bouche. Ah, le thé.... la drogue. Des centaines de cafards sortaient des jambes de son pantalon; les roses bordeaux des rideaux se transformaient en nains minuscules, sa main faisait la taille d'un grand lit.Jefferson émit un grognement semblable à celui d'un porc en tentant de se retenir de rire. Un vaste stade pleins de murmures. les geysers de non-sens. Ça ne sembla pas amuser son interlocuteur. Mais c'était si compliqué d'écouter. Tellement difficile de se concentrer. Il se concentra. C'était douloureux, comme se détacher de son corps. Les mots pédophiles, voleur à deux balles et d'autres critiques s'envolèrent de la bouche du type face à lui. Sûrement dans l'espoir de tirer une réaction autre qu'un sourire débile et de la bave aux coins des lèvres de la part du chapelier.

-Adorable. Avec ce genre de réflexion, je sens que tu vas te faire éclater ta jolie petite tête, un de ces quatre. Sans que j'y sois pour rien, évidemment.

Evidemment. Non que la pensée ne lui soit pas venue de le massacrer, là, tout de suite. Surtout à la brusque apparition de la hache de guerre à double tranchant à côté de la cheminée. Juste derrière son ennemi. Il pouvait peut-être se lever -non, pas avec les cafards. Elle avait l'air tout à fait adaptée au job, avec le sang coagulé sur la lame. Il pouvait même y voir quelques mèches de cheveux.
Jefferson était en pleine réflexion. Comment se saisir de la hache avec sa main énorme ? Et il avait les mains tellement moites .... Puis la fissures rugissantes qui venait de s'ouvrir entre lui et la hache ne l'aidait pas. Jefferson partit dans un grand éclat de rire qui se transforma vite en sanglots déchirants et hurlements.
La porte s'ouvrit, elle aussi, sur un homme d'une carrure toute aussi imposante que son actuel compagnon de crise. Il avait les même cheveux roux et de la barbe. Même age, même tête. l'oeil de Jefferson s'illumina en pensant reconnaître des compères voleurs (piètres voleurs en tout cas). Le nouveau venu examina la scène, les poings sur les hanches et le torse bombé. Dans un éclat de rire, Jefferson lui fit remarquer qu'il ressemblait à une vieille femme comique. Une grand-mère agacée. Il avait l'air visiblement en proie à un ennui teinté de mécontentement.

-Ah ouais ? Jefferson estima qu'il ne s'adressait à personne en particulier. Ah ouais ? Ah ouais ?

Il mettait des heures à chasser ces saletés de cafards. Et c'était dur de se concentrer sur la tâche quand l'envie de vomir lui prenait comme ça à la gorge. Et personne ne remarquait les chauves-souries chauffées à blanc qui voletaient au-dessus de leur tête ? Alors qu'elles tissaient autour des trois occupants humains de la pièce une toile d'araignée phosphorescente. Il fallait agir.

-Ecoutez, mon vieux ...

-Toi, mon joli, tu peux aller te faire foutre direct.

Jefferson se retrouva vexé au-delà du raisonnable. Il savait pourquoi il était convoqué ici mais ne comprenait plus. Il avait oublié. Il y avait bien une raison mais ... Avec beaucoup de difficulté, une fois qu'il eut chassé tout les cafards grouillants, il se leva et s'approcha en titubant de l'observateur hirsute, aux sourcils en accents circonflexes et aux lèvres pincées par le dégoût (et l'odeur sûrement, il puait).
Il entendit la voix de la sagesse lui dire de laisser tomber (l'autre rouquin, la sagesse, tordant !), mais il n'y prêta aucune attention. Une vision fantasmée de lui-même après la bagarre s'alluma dans son esprit, flottant dans une brume de sérotonine.

C'est alors que le barbu prit ombrage des mains qui le tenaient par le revers et colla à Jefferson un coup de boule d'une rapidité et d'une précision étonnantes. Il atterrit sur les fesses avec une rapidité égale et une précision inévitable, dans une position parfaite (hasard ou calcul de l'agresseur ?) pour recevoir son genou en pleine figure. Joli petit cours de physique pratique, aussi subtile qu'un boulet de canon écrasant un baba au rhum.


***


Compte tenu des bleus et de la collection toute neuve de douleurs et d'élancements dont le corps de Jefferson était à présent affligé, il supposa qu'il y avait eut une suite. Contraint de supposer, car une nuit sans ambiguïté avait englouti sa conscience une fraction de seconde après l'impact, pour ne le recracher que de longues heures plus tard.
Jefferson était alors à présent confortablement installé entre un conteneur de recyclage et une montagne de papier lacéré, dans une ruelle, derrière un magasin. Son point était serré sur quelque chose, il n'y faisait pas attention, n'osant pas desserrer la main. Il pissait le sang, difficile de savoir d'où.
Dépouillé, c'était sûrement le terme consacré. Refait. Eu. Baisé. Ça lui apprendra -peut être.

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